Association de protection de l'environnement à la Réunion

La SREPEN – Réunion Nature Environnement (RNE) est une association de type loi 1901 à but non lucratif. Elle est une association agréée de protection de l’environnement depuis 1979 et est apolitique.

 La SREPEN-RNE ne s'oppose pas à la nouvelle route du littoral. En effet, ce projet se justifie par deux grands arguments :

-        Un argument économique : la nouvelle route du littoral représente un besoin économique indéniable puisqu'elle est l'unique route reliant le nord et l'ouest et notamment la ville du Port, poumon économique de la Réunion. Un écroulement majeur de la falaise coupant la route pour plusieurs mois entraînerait l’asphyxie de l’économie.

-        Un argument de sécurité : les problèmes d'insécurité posés par la route actuelle (menace de chutes de rochers et d’écroulement majeur)  ne peuvent perdurer. Les Réunionnais sont en droit de vouloir et de réclamer une route sécuritaire.

Nous nous sommes toutefois toujours prononcés pour la variante « tout viaduc ». Cette variante consiste à réaliser la majorité de l’ouvrage en viaduc, en réduisant  la partie digue uniquement aux remblais de raccordement (Saint Denis, Possession, Grande Chaloupe).

Pourquoi la SREPEN-Réunion Nature Environnement ne s’est-elle pas opposée à la déclaration d’utilité publique (DUP) du 7 mars 2012 ?

Alors que le dossier de déclaration d’utilité publique présentait certaines fragilités juridiques notamment du fait de l’insuffisante prise en compte des « énormes » impacts sur l’environnement, nous avons choisi de ne pas nous opposer à la DUP car nous avions  conscience de l’absolue nécessité de ce projet.

Nous sommes une association responsable et nous ne nous opposons pas systématiquement à tout projet ayant un impact sur l’environnement. Nous souhaitons seulement, lorsque cela est possible, que le meilleur choix pour l’environnement soit fait. Or le projet dans sa variante « viaduc + digue » n’est pas le meilleur choix pour notre environnement.

Quels sont les impacts directs et indirects du projet sur l’environnement ?

Le projet de nouvelle route du littoral dans sa variante « viaduc + digue » a un double impact : sur l’emprise du chantier et hors du chantier.

Sur le chantier, le projet aura des impacts forts à très forts notamment au droit de la digue :

-        sur les écosystèmes de la falaise

  • par la diminution de l’influence des embruns marins : par exemple, le Bois de paille-en-queue, espèce rare, endémique de la Réunion et de Maurice, est une plante adaptée à des conditions de salinité  très particulières.
  • par l’ouverture des  milieux aux espèces exotiques envahissantes

-        sur la frange littorale par la destruction d’habitats littoraux tels que les colonies coralliennes notamment

Hors du chantier, les impacts seront également importants notamment du fait de l’ouverture de nouvelles carrières non prévues au schéma départemental des carrières et prévues sur des sites à forts enjeux écologiques (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF), zone de continuité écologique, etc.), sur des zones à destination agricole ou encore à proximité de zones habitées.

L’ouverture de ces nombreuses carrières aura également pour conséquence l’intensification de la circulation de camions sur nos routes qui apporteront d’importantes nuisances en termes de pollution, de bruit et de poussière.

Il ne faut pas oublier que ces nouvelles carrières amèneront avec elles l’augmentation des prix des matériaux de construction pour tout un chacun.

 Pourquoi la Région persiste-t-elle dans la solution « digue » ?

coupe route littoral digue

 Depuis l’origine, tous les acteurs de l’environnement consultés  condamnent la variante « viaduc + digue » et  recommande à la  Région la variante « tout viaduc » :

 -        en 2011, monsieur Denis Clément, membre de l’Autorité  environnementale du conseil général de l’environnement que nous avons  rencontré personnellement ;

 -        en 2011 et 2013, le Conseil scientifique régional pour le patrimoine  naturel de la Réunion (CSRPN) ;

-        en 2011, la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) a demandé l’étude de la variante « tout viaduc » (page 19 du dossier E3 – Présentation et justification du projet de DUP) qui n’a jamais été menée ;

-        en 2012, le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN) a donné un « préavis défavorable » pour permettre à la Région de modifier son projet ;

-        en 2013, le CNPN, constatant le refus de la Région de présenter un projet modifié, a donné un avis défavorable pour la dérogation espèces protégées.

Nous-mêmes, en tant qu’association, avons également averti la Région que le choix de la variante « viaduc + digue » était la plus pénalisante pour l’environnement et que, de ce fait, nous nous y opposions. Un courrier explicite en date du 2 août 2013 rappelant notre volonté de voir aboutir le projet dans sa variante « tout viaduc » a, dans cet objectif, été communiqué à la Région.

Pourquoi la Région ne s’est-elle pas entourée de toutes les précautions d’usage pour un si grand chantier ? Y a-t-il eu suffisamment de concertation ?

Avant la prise de la DUP en 2012, 4 réunions de concertation auxquelles a participé à la SREPEN-RNE ont démontré que le projet dans sa variante « viaduc + digue » n’était pas la solution la plus satisfaisante.

La consultation du CSRPN, dont la compétence en matière d’environnement ne peut être remise en cause, a confirmé cette position.

Après la prise de la DUP en mars 2012, le comité de suivi de la nouvelle route du littoral ne s’est réuni qu’une seule fois.

La Région n’a consulté le CNPN qu’après la prise de la DUP, circonstance qui ne permettait plus à cette instance de participer à la prise de décision de la manière la plus efficiente et en amont de la décision.

Un chantier de l’ampleur de la nouvelle route du littoral aurait demandé à ce que la Région s’entoure de toutes les précautions d’usage afin de s’assurer que son projet respecte toutes les conditions requises à tel projet.

Cela coûterait-il plus cher de faire le « tout viaduc » ?

Le surcoût estimé de la variante « tout viaduc » se situerait entre 7 et 10%, à noter que la Région ayant toujours refusé d’approfondir l’étude de la variante « tout viaduc », la comparaison entre les variantes reste incertaine. Certes, cette différence de coût entre les deux variantes n'est pas négligeable, elle reste cependant du niveau des aléas classiques en matière de grands projets et peut donc largement être relativisée considérant l’impact à long terme de ce projet sur notre environnement.

Le « tout viaduc » empêchera-t-il les réunionnais de travailler ?

Tout chantier génère des emplois. La variante « tout viaduc » génèrera des emplois. Ces emplois, dans un cas comme dans l’autre, seront limités à la durée du chantier alors que les impacts sur l’environnement seront irréversibles.

L’emploi est éphémère alors que les impacts sur l’environnement sont permanents.

Nous défendons notre île comme patrimoine mondial de l’humanité et comme l’une des plus belles îles du monde.

Pourquoi faut-il des dérogations dans le cadre de la nouvelle route du littoral ?

Notre île, au sein de sa beauté exceptionnelle reconnue, abrite de nombreuses espèces protégées.

L’article L. 411-1 du code de l’environnement interdit la destruction ou la détérioration d’espèces protégées et/ou de leurs habitats. L’article L. 411-2 du même code prévoit toutefois la possibilité de déroger à cette interdiction dans des conditions très particulières.

La nouvelle route du littoral, en tant que projet d’intérêt public majeur, pourrait bénéficier de cette dérogation « s'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante ». Une telle dérogation ne doit pas non plus nuire à la survie de l’espèce protégée.

Or nous constatons aujourd’hui que ces conditions ne sont pas remplies puisqu’il existe, comme le rappelle le CNPN dans son avis du 24 juin 2013, une autre solution satisfaisante : la variante « tout viaduc ».

Il faut ici préciser que, depuis le 1er septembre 2013, est rendue obligatoire la consultation du public en ce qui concerne les dérogations espèces protégées. De ce fait nous devons nous attendre à l’ouverture, dans les prochaines semaines, d’une consultation publique sur ce thème et nous serons bien évidemment présents pour réaffirmer notre position.  

 

 

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