Association de protection de l'environnement à la Réunion

Le projet de nouvelle route du littoral, que l’on soit pour ou contre, doit encore faire l’objet de plusieurs autorisations avant de pouvoir être mis en œuvre. En effet, un chantier d’une telle ampleur doit fournir certaines garanties notamment environnementales.

Nous tenons tout d’abord à vous rappeler que la SREPEN Réunion Nature Environnement ne s’oppose pas à ce projet. En effet, la nouvelle route du littoral est essentielle pour assurer la sécurité des usagers ainsi que pour l’économie locale.

Cependant nous nous opposons à la variante actuelle « viaduc + digue » et soutenons la variante « tout viaduc » (sauf les portions digues indispensables à Saint Denis, La Grande Chaloupe et La Possession). Nous avons eu l’occasion de présenter personnellement notre position au Président de la Région, le 19 août 2013, et à sa demande suite à notre courrier du 2 août 2013.

La Région est donc tout à fait consciente de l’existence et de la faisabilité d’une autre variante que celle proposée actuellement.

Notre île dont la beauté et la biodiversité exceptionnelle est reconnue mondialement abrite de nombreuses espèces végétales et animales protégées. Or, de par son importance, le projet de nouvelle route du littoral va porter atteinte à ces espèces.

Par principe, il est interdit de porter atteinte à ces espèces (article L. 411-1 du code de l’environnement) cependant, dans des conditions particulières (article L. 411-2 du code de l’environnement), une dérogation « espèces protégées » peut être demandée.

 

Le public peut-il participer à la prise de décision ?

Depuis le 1er septembre 2013, en application de la Charte de l’environnement, la consultation du public est obligatoire en matière de dérogation « espèces protégées ».

Ainsi une consultation publique sur internet a été ouverte le 30 octobre 2013 et se déroulera jusqu’au 30 novembre 2013. Vous êtes grandement invité à donner votre avis et à le faire savoir autour de vous. Ce sera en effet l’occasion de vous exprimer sur ce grand projet que constitue la nouvelle route du littoral qui nous concerne tous.

Pour donner votre avis en ligne

CLIQUEZ ICI

 

Vous trouverez des documents disponibles en téléchargement à l’adresse suivante : http://www.reunion.pref.gouv.fr/spip.php?article2405

Votre avis est important et peut influencer l’avenir de la biodiversité exceptionnelle de notre île.

 

Quelle est la position de la SREPEN Réunion Nature Environnement ?

Ci-dessous, vous trouverez les arguments de notre association concernant cette demande de dérogation sur les espèces protégées. Si vous partagez notre position, vous êtes bien entendu libres de vous en inspirer pour rédiger votre avis.

Pour obtenir une dérogation « espèces protégées », trois conditions doivent être remplies :

-        le projet doit répondre à des raisons impératives d’intérêt public majeur

-        il ne doit pas exister d’autre solution satisfaisante

-        la dérogation ne doit pas nuire à la conservation des espèces protégées concernées

1/ Le projet doit répondre à des raisons impératives d’intérêt public majeur. Le projet de nouvelle route du littoral est essentiel pour assurer la sécurité des usagers ainsi que pour l’économie locale.

Nous rappelons que la SREPEN Réunion Nature Environnement ne s’oppose pas au projet de nouvelle route du littoral mais que nous soutenons la variante « tout viaduc » (sauf les portions digues indispensables à Saint Denis, La Grande Chaloupe et La Possession).

La première condition est donc remplie.

2/ Il ne doit pas exister d’autre solution satisfaisante

 

Alors que la Région affirme que la variante « viaduc + digue » est l’unique solution réalisable pour la nouvelle route du littoral, elle a, depuis 2011, connaissance de la possibilité réelle que représente la variante « tout viaduc ».  M. Denis Clément, membre de l’autorité environnementale du Conseil général de l’Environnement ; le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de la Réunion (CSRPN, Avis du 23 mai 2013) ; le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN, Avis du 24 juin 2013) ont tous conclu à l’existence d’une autre variante réalisable, économiquement acceptable et plus respectueuse de l’environnement : la variante « tout viaduc ».

Le surcoût de cette variante est estimé à 7,5% du montant total du projet. Si la différence de coût entre les deux variantes n'est pas négligeable, elle reste cependant du niveau des aléas classiques en matière de grands projets et peut donc largement être relativisée considérant l’impact à long terme de ce projet sur notre environnement.

La deuxième condition n’est donc pas remplie : il existe une autre solution satisfaisante. 

3/ L’obligation de ne pas nuire à la conservation des espèces protégées

En ce qui concerne la faune, le projet de nouvelle route du littoral va avoir un impact fort à très fort sur le Grand dauphin de l’indo-pacifique (espèce protégée considérée comme en danger d’extinction par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN - liste rouge 2010). L’état des connaissances concernant cette espèce (petite population isolée des autres et confinée sur un linéaire côtier très restreint) ne permet pas de conclure au maintien de cette espèce dans  un bon état de conservation.

Les perturbations notamment dues au bruit et les destructions d’habitats auront un impact fort sur la baleine à bosse (espèce protégée considérée comme vulnérable par l'UICN) qui met bas dans nos eaux côtières. On ne peut donc conclure au maintien de cette espèce dans un bon état de conservation.

Les deux espèces de tortue marine concernées (tortue verte et tortue imbriquée, espèces protégées considérées comme en danger par l’UICN) sont actuellement dans un état de conservation défavorable. « Un impact même modéré ou faible […] ne peut avoir que des conséquences graves sur l’évolution de la population » (CNPN, Avis du 24 juin 2013).

Les mesures d'évitement, de réduction et de compensation ne sont pas suffisantes pour maintenir ces espèces dans un bon état de conservation.

En ce qui concerne la flore, il n’a pas été demandé de dérogation pour la flore et les habitats naturels de la falaise puisque le maître d’ouvrage a considéré « qu’il n’était pas justifié de demander de dérogation […] puisque les impacts directs sont nuls et les impacts indirects ont été estimés comme négligeables ».

Or « la valeur écologique terrestre de la falaise [est] liée à la présence de la plus importante population mondiale connue de Bois de paille-en-queue (Monarrhenus salicifolius) ». Cette espèce figure sur la future liste des espèces protégées. Cette espèce et son habitat sont directement conditionnés par l’influence des embruns marins. D’autres espèces protégées conditionnées par l’influence des embruns marins seront également fortement impactées.

La partie digue de la nouvelle route du littoral qui aura pour effet d’éloigner la mer de la falaise et donc de diminuer l’influence des embruns marins aura donc un impact indirect fort sur la flore et les habitats naturels de la falaise. Une demande de dérogation aurait donc dû être faite pour ces espèces.

On ne peut donc conclure au maintien de la flore de la falaise dans un état de conservation favorable.

Enfin l’impact des carrières sur les espèces protégées animales et végétales n’a à aucun moment été pris en compte dans le dossier de demande de dérogation. Un projet d’une telle ampleur doit être considéré et étudié dans sa globalité. L’extraction des matériaux aurait donc dû être intégrée à l’étude d’impact initial (ce qui n’a pas été le cas) et être intégrée à la présente demande de dérogation au titre des espèces protégées. 

La troisième condition n’est pas donc remplie : le projet tel que présenté actuellement ne permet pas le maintien des espèces protégées dans un état de conservation favorable.

Pour l’ensemble de ces raisons, la SREPEN Réunion Nature Environnement donne un AVIS DEFAVORABLE à la demande de dérogation « espèces protégées ».


Pour plus d'informations :

- Avis du Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN) du 24 Juin 2013

- Avis du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) du 23 Mai 2013

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