Association de protection de l'environnement à la Réunion

 

Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, a annoncé lors de sa visite à La Réunion que les autorisations de dérogation, notamment relatives à la faune et à la flore sauvages protégées, seraient délivrées contre l'avis des instances consultatives pour permettre la construction de la Nouvelle Route du Littoral. Une décision gouvernementale contestable qui conduit une fois encore un projet d’infrastructure de transport à oublier la biodiversité et l'attendue transition écologique et énergétique.

Quand l’État s’assied sur ses lois

En visite à La Réunion les 17 et 18 octobre 2013, M. Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, a annoncé qu’en dépit des avis défavorables du Conseil National de Protection de la Nature, du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de La Réunion, du Conservatoire botanique national de Mascarin et des services de la DEAL, et donc de l'Etat déconcentré, les autorisations de déroger, notamment à la protection de la faune et de la flore sauvages protégées, seraient délivrées pour permettre la réalisation de la Nouvelle Route du Littoral de La Réunion.

Une annonce d’autant plus surprenante que la consultation du public sur les autorisations de déroger à la protection de la faune et de la flore sauvages vient juste de s'ouvrir le 30 octobre et jusqu’au 30 novembre 2013, et que le ministre annonce à l'avance que les dérogations seraient délivrées. Quelle considération pour l'avis des citoyens et pour l'utilité de la procédure de consultation publique ?

France Nature Environnement et son association réunionnaise, la SREPEN/Réunion Nature Environnement (RNE) prennent acte de ce mépris des avis des citoyens et
des instances chargées de rendre des avis éclairés en ce qui concerne la protection de la nature.

Pourtant, en raison des destructions et des perturbations engendrées sur la faune et la flore protégées par le projet retenu qui conserve une partie en digue, il était attendu de la part de l’État une attitude respectueuse de la réglementation relative à la protection de la nature, et ce d’autant plus pour l’île de La Réunion, marquée par un fort endémisme qui lui a par ailleurs valu d'être reconnue au patrimoine naturel de l'humanité.

Cette annonce est plus qu’inquiétante du point de vue de la prise en compte de la biodiversité par les politiques publiques, et comme un mauvais présage à la veille de la future loi cadre sur la biodiversité. À quoi bon une nouvelle loi si les politiques continuent à bétonner comme au pire moment du XXème siècle ?

Seul le « tout viaduc » est acceptable

FNE et la SREPEN/RNE rappellent que seule une réalisation du projet totalement en viaduc est acceptable. « Il ne s’agit pas pour nous de remettre en cause l’utilité de la nouvelle route du littoral , mais aujourd’hui dans un milieu aussi riche et fragile que la zone littorale terrestre et marine de La Réunion, l’exigence environnementale la plus haute est attendue », indique Bernadette Ardon, présidente de la SREPEN/RNE. Un projet de route à la hauteur de la distinction mondiale de patrimoine naturel de l'humanité permettra d'apporter une réponse en capacité d'intégrer les richesses écologiques qui ont donné à La Réunion cette distinction.

« On ne peut que déplorer le fait que le gouvernement ne puisse tenir tête aux pressions qui poussent à passer outre les avis des instances consultatives » regrette Michel Dubromel, responsable du Réseau Transport et Mobilité Durables à FNE. « Nous prenons acte de l'inconscience du gouvernement, face aux enjeux écologiques qui dépassent là la France et les problématiques locales. Nous espérons que M. le Préfet de La Réunion, autorité compétente en la matière, respectera les textes européens et nationaux qui s’imposent à lui. À défaut, nos associations, oeuvrant pour l’application du droit de l’environnement, examineront scrupuleusement toutes les options juridiques utiles pour mettre un terme au projet dans sa version actuelle et revenir à un projet acceptable ».

Nous localiser

mybrand-map

Ile de la Réunion - Océan Indien

Contactez-nous

Adresse:                                  Téléphone:


30, Rue des deux canons                              0262 28 19 29
97490 Sainte-Clotilde
Ile de la Réunion

Nous écrire:


Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou cliquez ICI